Les conséquences juridiques : faux, usage de faux et nullité des contrats
Nombreux sont ceux qui négligent de demander un Kbis à jour, et cette omission n’est pas sans risque sur le plan juridique. Dans le contexte d’un partenariat, d’une mission de sous-traitance ou d’un recrutement, collaborer avec une société présentant un Kbis périmé peut entraîner des conséquences lourdes.
Risque de nullité du contrat
En cas de litige, un contrat signé sur la base d’informations obsolètes — ou que l’on pourrait considérer comme trompeuses — peut être remis en cause. Si l’existence même de l’entreprise est contestée (liquidation, cessation d’activité, radiation), il devient compliqué de faire valoir vos droits.
En effet, si l’entreprise concernée ne disposait déjà plus du droit d’exercer, tout engagement pris à l’encontre d’un partenaire pourrait se révéler invalide. Dans certains cas, les tribunaux estiment que le contrat est « nul » car conclu avec une entité dépourvue d’existence juridique avérée. Cette situation peut déclencher un effet boule de neige impliquant le remboursement de sommes déjà engagées, l’annulation de prestations ou la mise en cause personnelle du dirigeant.
Démêlés judiciaires long-courriers
Si la société avec laquelle vous collaborez demeure introuvable lorsque vous tentez de faire exécuter un contrat, ou si elle n’est plus à son adresse légale, vous risquez de devoir entreprendre des procédures judiciaires longues et coûteuses. En parallèle, si vous êtes sous-traitant ou fournisseur, vous pouvez faire face à l’impossibilité de recouvrer vos factures. Imaginez que vous ayez livré des marchandises ou fourni un service, mais que votre partenaire se révèle insolvable, voire inexistant juridiquement : vous perdez du temps et de l’argent.
Autre cas complexe : si l’entreprise fait faillite ou a été placée en liquidation, vous serez considéré comme créancier. Mais sans Kbis valide pour prouver l’existence et la situation exacte de votre cocontractant, les procédures risquent de se compliquer davantage. C’est donc à vous de vous prémunir et de vérifier que votre cocontractant est bien à jour quant à son Kbis.