Les cas où le Kbis d’une association est requis pour embaucher du personnel

26/07/2025

Pourquoi une association peut-elle avoir un Kbis ?

Dans l’imaginaire collectif, le Kbis est systématiquement associé aux entreprises commerciales, comme les SARL, les SAS ou encore les SA. Cette pensée est compréhensible, puisque le Kbis est l’extrait officiel du Registre du commerce et des sociétés (RCS), et il atteste de l’existence juridique d’une société. Cependant, même si le statut d’association est encadré par la loi de 1901 en France (dite « loi 1901 »), certaines associations se retrouvent dans une situation juridique proche de celle d’une entreprise commerciale. Lorsqu’elles exercent des activités lucratives régulières ou lorsque leur objet social se rapproche d’une activité commerciale, elles peuvent être dans l’obligation de s’immatriculer au RCS.

Le but à but non lucratif demeure la base légale fondamentale d’une association. Toutefois, la loi autorise une association à mener des activités économiques à condition que ces activités restent dans l’esprit et la finalité de son objet social. Dans la pratique, on observe par exemple des clubs sportifs qui vendent des équipements, des associations qui proposent des formations payantes ou encore des organismes culturels qui organisent des spectacles rémunérés. Lorsqu’une part substantielle de l’activité de l’association bascule dans le domaine marchand, la frontière entre le non-lucratif et le lucratif se brouille. Si l’administration fiscale ou le tribunal compétent juge que l’association exerce de fait une activité commerciale, celle-ci devra être immatriculée comme un groupement à caractère commercial.

Par conséquent, dans ces situations, l’association obtient un numéro SIREN et/ou SIRET, ainsi qu’un Kbis délivré par le greffe. Quand l’association souhaite recruter un salarié pour soutenir son activité, elle peut parfois se voir demander ce document par les banques, les organismes sociaux ou même certains partenaires. Le Kbis y atteste alors de son existence légale et de sa légitime capacité à embaucher.

Les obligations légales lors de l’embauche en milieu associatif

Avant d’entrer dans le cœur du sujet, clarifions rapidement l’ensemble des obligations légales pour toute association employeuse. Embaucher du personnel signifie respecter la législation sociale et fiscale, ce qui inclut :

  • Déclarer la création d’un établissement employeur auprès de l’URSAAF.
  • Souscrire à une assurance responsabilité civile couvrant les salariés.
  • Respecter les obligations salariales (contrat de travail, bulletins de paie, cotisations sociales).
  • Mettre en place des affichages obligatoires (droits des salariés, règlement intérieur selon la taille de la structure).

Dans la plupart des cas, l’obtention d’un Kbis n’est pas un prérequis pour embaucher un salarié, tant que vous fonctionnez comme une association loi 1901 traditionnelle. Toutefois, si votre association exerce des activités lucratives régulières, il est possible que la loi vous impose des formalités supplémentaires. L’administration peut exiger que l’association se déclare au Registre du commerce et des sociétés, et c’est dans ce cadre que le greffe vous délivrera un Kbis officiel. Cette formalité peut donc devenir un passage obligé avant de signer un contrat de travail avec un nouveau collaborateur.

Quand l'association doit-elle obligatoirement s'immatriculer au RCS ?

La simple perception de subventions ou de cotisations adhérents ne requiert pas d’immatriculation au RCS. En revanche, l’immatriculation devient obligatoire dans certaines conditions :

  1. Lorsque l’association pratique une activité commerciale de manière habituelle.
  2. Lorsqu’elle réalise des actes de commerce tels que la vente de biens ou la prestation de services à un public de non-adhérents.
  3. Lorsque l’activité commerciale génère la majeure partie des ressources de l’association.

Dans ces configurations, il est souvent nécessaire de passer par une requalification de l’association en association à objet commercial ou en groupement ayant un caractère économique dominant. Cette étape n’intervient pas du jour au lendemain, mais bien lorsque l’administration ou un tribunal réalise un contrôle ou reçoit un signalement. Il vaut mieux anticiper en procédant aux formalités nécessaires dès qu’il devient évident que la part commerciale de l’activité dépassera le cadre initial du bénévolat ou de l’objet purement non lucratif.

Cette transformation peut notamment avoir des conséquences sur votre régime fiscal. Plutôt que d’être assujettie aux seules taxes relatives aux organismes à but non lucratif, l’association pourra relever de la fiscalité applicable aux entreprises commerciales (TVA, impôt sur les sociétés, etc.). L’emploi de salariés s’accompagne également de nouveaux devoirs et responsabilités, comme le paiement des cotisations sociales, la souscription d’une assurance « accidents du travail » et la gestion de la paie. Dès lors, un document officiel prouvant l’existence légale, comme le Kbis, devient parfois indispensable.

L’utilité du Kbis pour embaucher du personnel

Si votre association est enregistrée au RCS, le Kbis peut s’avérer très utile pour plusieurs raisons :

1. Justifier la capacité à agir en tant qu’employeur auprès des organismes sociaux : Quand vous déclarez l’embauche auprès de l’URSAAF, il se peut que l’on vous demande un justificatif d’immatriculation. Le Kbis apporte une preuve officielle. Il facilite ainsi la mise en conformité et évite les complications administratives. Il joue également un rôle primordial dans la relation avec Pôle emploi, la caisse de retraite et les mutuelles obligatoires.

2. Attester de l’existence légale de l’association aux yeux des banques : Les banques sont souvent exigeantes en matière de documents. Même si vous avez un compte bancaire en tant qu’association loi 1901, l’embauche de salariés et le versement des salaires par virements réguliers peuvent conduire l’établissement bancaire à requérir le Kbis. Ainsi, la banque s’assure de la nature et de la légalité de vos activités. De plus, si vous sollicitez un prêt pour développer un projet ou un service, le Kbis est un document quasi systématiquement demandé. Il prouve la pérennité et le caractère formel de votre structure.

3. Rassurer les partenaires et prestataires potentiels : En cas de signature de contrats, qu’il s’agisse de prestations de services, d’assurance ou de fournitures, présenter le Kbis rassure souvent vos partenaires. Un Kbis montre que votre association est solidement constituée sur le plan juridique, et que vous avez la légitimité pour signer des contrats rendus nécessaires par l’embauche de nouveaux collaborateurs.

4. Faciliter certaines formalités de gestion du personnel : Dans quelques situations, vous pourriez être amené à travailler avec des organismes de formation, des cabinets de recrutement ou des plateformes d’intérim pour recruter. Ils peuvent demander à voir le Kbis pour s’assurer que vous disposez d’une structure officielle. Cette preuve légale clarifie votre statut, vos obligations et sécurise les relations de travail.

Il est essentiel de retenir que si l’association n’exerce pas d’activité commerciale, elle n’a généralement pas l’obligation de demander le Kbis. Toutefois, dans un contexte de plus en plus normé, nombre d’organismes ou de partenaires professionnels peuvent exiger ce document pour finaliser une collaboration. Il est donc primordial de savoir dans quelles situations se trouvent votre association et d’être prêt le cas échéant.

Les démarches pour obtenir un Kbis en tant qu’association

Si vous constatez que votre association doit s’immatriculer, ou qu’il y a un risque réel qu’on vous réclame ce document pour embaucher du personnel, voici la démarche générale :

Étape 1 : Vérifier la nature de l’activitéLa première action consiste à analyser le caractère réel de votre activité. Si elle reste strictement non lucrative, vous n’aurez peut-être pas besoin de Kbis. Mais si vous facturez des prestations ou vendez des biens, et que vous craignez une requalification en « activité commerciale », il est important d’anticiper les formalités sans attendre un contrôle de l’administration.

Étape 2 : Préparer les statuts et la délibération de l’organe compétentLorsque votre association décide d’étendre son objet à une activité commerciale, il convient de s’assurer que les statuts en font clairement mention ou d’inclure une disposition permettant de mener des activités économiques. Une assemblée générale ou un conseil d’administration devra voter la modification statutaire, si nécessaire, afin d’entériner l’activité commerciale. Les procès-verbaux de ces réunions sont souvent demandés lors de la demande d’immatriculation. Ils prouvent la volonté officielle de l’association de se conformer à la loi.

Étape 3 : Contacter le centre de formalités des entreprises (CFE)Pour s’immatriculer, l’association doit s’adresser au CFE compétent, qui dépend généralement de la Chambre de commerce et d'industrie (CCI). Ce CFE est l’interlocuteur privilégié pour les démarches de création, de modification et de cessation d’activités d’une entité exerçant une activité commerciale. Il vous guidera dans la constitution du dossier d’immatriculation.

Étape 4 : Dépôt du dossier au greffe du tribunal de commerceAprès avoir réuni toutes les pièces (statuts, procès-verbaux, justificatifs d’identité des dirigeants, etc.), vous devrez déposer votre dossier au greffe du tribunal de commerce territorialement compétent. Une fois que le dossier est complet et jugé conforme, le greffe vous délivre l’extrait Kbis, la « carte d’identité » officielle de votre structure.

Étape 5 : Mise à jour de la situation administrative et fiscaleUne fois le Kbis obtenu, il est crucial de mettre à jour les informations auprès de l’URSAAF, des organismes de protection sociale et des éventuels partenaires bancaires. Vous devrez alors suivre les obligations liées au régime commercial, y compris la tenue d’une comptabilité appropriée, la déclaration de TVA ou de l’impôt sur les sociétés si nécessaire. Ainsi, la régularité de l’embauche et la sécurisation de votre personnel seront assurées.

Exemple concret : un club de sport rémunérant des coachs

Pour mieux comprendre, prenons l’exemple d’un club de sport sous forme d’association loi 1901. Au départ, ce club se borne à proposer des activités sportives à ses adhérents, avec une cotisation annuelle de base. Les entraînements sont assurés par des bénévoles. Aucun acte commercial n’est réalisé et l’argent récolté sert essentiellement à couvrir les frais d’équipement, d’assurance ou de location de salle.

Peu à peu, le club évolue. Il reçoit de plus en plus de demandes de personnes extérieures souhaitant accéder à des cours de sport spécifiques, par exemple de la boxe, du fitness ou de la danse. En réponse, le club met en place de nouvelles formules payantes ouvertes à un public élargi, y compris des non-adhérents, et recrute des coachs rémunérés pour encadrer ces séances. Les cotisations, désormais accompagnées de frais d’inscription et de cours, deviennent très importantes, couvrent largement les frais de fonctionnement et génèrent un excédent qui se rapproche d’un bénéfice.

À ce stade, l’association effectue des actes de commerce en fournissant des services payants à une clientèle. Le club peut continuer d’être à but non lucratif s’il réinvestit tout ou partie de ses gains dans le développement sportif de ses membres. Mais au regard de l’administration, cette activité est d’ordre économique. Les organismes fiscaux peuvent alors exiger une immatriculation au RCS. Obtenir un Kbis permet de clarifier la situation vis-à-vis des banques, d’ouvrir un compte permettant le paiement des coachs, de gérer les salaires et d’effectuer toutes les déclarations sociales. Ainsi, lorsque le club souhaite embaucher à temps plein un nouveau coach, il lui sera demandé de justifier son existence via ce Kbis. Sans ce document, il risquerait un refus de la banque pour la gestion de la paie ou des complications auprès des organismes sociaux.

Les pièges à éviter

Dans la pratique, des associations pensent à tort qu’il suffit d’être déclarées en préfecture pour réaliser n’importe quelle opération d’embauche en toute liberté. Or, si votre activité dépasse le « cadre associatif purement non lucratif » et devient majoritairement commerciale, vous encourez plusieurs risques :

1. Contrôle fiscal et redressementL’administration fiscale peut requalifier votre association en société commerciale de fait, ce qui implique un risque de rappel d’impôts et de cotisations sociales. Les pénalités et majorations peuvent alourdir considérablement la charge financière.

2. Refus de certains organismes et partenairesSi vous ne pouvez pas présenter de Kbis alors que votre activité l’exige, un organisme bancaire, un fournisseur ou un organisme de formation refusera probablement de collaborer avec vous. Cette situation peut bloquer votre projet d’embauche ou de développement.

3. Problèmes de responsabilité juridiqueEn cas de litige avec un salarié, un prestataire ou un partenaire, l’absence d’immatriculation peut fragiliser votre association. Les dirigeants peuvent se retrouver personnellement mis en cause, ce qui n’est jamais souhaitable si vous cherchez à sécuriser votre structure et votre équipe.

Pour toutes ces raisons, il convient d’analyser en amont la nature réelle de votre activité, et ne pas hésiter à solliciter un accompagnement professionnel (expert-comptable, juriste, etc.) lorsque vous avez le moindre doute sur l’opportunité de demander un Kbis.

Conseils pratiques pour sécuriser vos embauches associatives

Pour vous aider à naviguer dans ce paysage juridique, voici quelques conseils simples mais précieux :

Se renseigner en amont : Avant de développer une activité lucrative au sein de votre association, rapprochez-vous du centre de formalités des entreprises ou d’un conseiller juridique pour évaluer la nécessité d’une inscription au RCS.

Tenir une comptabilité transparente : Même si vous pensez ne pas faire de bénéfices, la tenue d’une comptabilité rigoureuse permet de distinguer clairement vos activités lucratives de vos activités non lucratives. Cela facilite l’identification du moment où le seuil bascule vers le commercial.

Considérer un changement de statut : Lorsque la part commerciale devient prépondérante, il peut être judicieux de migrer vers un statut d’entreprise ou de coopérative, garantissant une plus grande clarté juridique et limitant les risques de confusion.

Former son équipe : Les membres du bureau ou du conseil d’administration ne sont pas toujours des experts en droit. Proposez-leur des formations courtes ou des rencontres avec des spécialistes pour qu’ils puissent comprendre les exigences liées à l’embauche de salariés.

Faciliter les vérifications : Ayez toujours vos documents clés à portée de main : statuts, procès-verbaux, numéros SIREN/SIRET, et le Kbis lorsque vous êtes immatriculés. En cas de doute administratif ou de demande expresse, vous serez prêts à justifier rapidement votre situation.

Le rôle du Kbis dans la confiance des membres et partenaires

Il arrive qu’une association qui se professionnalise ait besoin de démontrer son sérieux, non seulement auprès des collaborateurs et financeurs, mais aussi auprès de ses propres membres. Le Kbis fonctionne alors comme un gage de fiabilité et de pérennité. Savoir que la structure est reconnue au registre du commerce peut rassurer de potentiels salariés, qui ont à cœur de travailler dans un cadre juridique formel. Les partenaires potentiels, eux, apprécient cette transparence et perçoivent le professionnalisme de l’association.

En pratique, la présentation du Kbis lors d’une demande de subvention ou au moment de signer un contrat de prestation peut constituer un atout. Certaines collectivités territoriales, bien qu’elles aient l’habitude de travailler avec des associations, apprécient de voir qu’une structure se montre exemplaire dans son fonctionnement administratif, surtout si cette structure sollicite des financements conséquents pour un projet. Dans ce sens, disposer d’un Kbis améliore l’image de l’association et consolide son positionnement sur son marché ou dans son secteur d’activité.

Quelques chiffres sur l’emploi associatif en France

Pour vous donner une vision globale, voici quelques données chiffrées qui reflètent l’importance de l’emploi dans le secteur associatif. Selon le Centre d’Économie de la Sorbonne et d’autres études récentes :

• Les associations emploient environ 1,8 million de salariés en France, ce qui représente près de 10 % des emplois privés du pays.• Environ 80 000 associations emploient du personnel de façon régulière.• Ce secteur affiche une croissance annuelle de l’emploi plus élevée que celle de l’ensemble de l’économie, démontrant son rôle de plus en plus important sur le marché du travail.

Ces chiffres mettent en évidence que l’écosystème associatif français n’est plus cantonné à un bénévolat strict. Savoir maîtriser les règles d’embauche et, le cas échéant, la nécessité d’un Kbis fait désormais partie des prérequis essentiels pour assurer la stabilité des emplois et la satisfaction de toutes les parties prenantes.

À quel moment le Kbis devient réellement un facteur bloquant ?

Dans mon expérience en tant que spécialiste RH, j’ai pu constater que la demande du Kbis se pose parfois tardivement, au moment même où l’on souhaite embaucher. Voici quelques situations où le manque de Kbis peut bloquer ou retarder le processus de recrutement :

Ouverture d’un compte bancaire professionnel : Les banques exigent souvent ce document pour permettre des opérations de versement de salaires ou d’encaissements relatifs à l’activité commerciale. Sans ce justificatif, le compte risque d’être suspensif ou partiellement bloqué.

Services de paie externalisés : De nombreux prestataires de paie demandent une preuve que la structure est régulièrement constituée et habilitée à employer du personnel. L’absence de Kbis peut les dissuader de gérer votre paie.

Demandes de subventions complémentaires : Certaines subventions destinées à soutenir l’emploi (aides à l’embauche, financements pour la création d’emplois) imposent d’apporter une preuve d’immatriculation lorsqu’on est dans un champ commercial ou hybride.

Dans ces scénarios, l’association risque de se retrouver à devoir différer l’embauche ou à essuyer un refus du candidat si celui-ci constate une trop grande incertitude sur la régularité de la structure. En conséquence, si vous pressentez que vous aurez besoin de recruter, il vaut mieux vous assurer de la nécessité ou non d’obtenir un Kbis bien avant de démarrer la recherche de candidats.

Astuce pour simplifier vos démarches

En plus de vous entourer de personnes compétentes, vous pouvez anticiper et gagner du temps comme suit :

1. Centraliser vos informations : Créez un dossier numérique recensant tous les documents de l’association (statuts, procès-verbaux d’assemblées générales, bilans financiers, etc.). Au moindre doute, vous pourrez consulter ces pièces pour justifier votre activité auprès des acteurs externes.

2. Vérifier régulièrement votre éligibilité à l’obtention d’un Kbis : N’hésitez pas à effectuer un petit audit annuel de l’état de vos activités. Si vous constater une tendance croissante vers des actions payantes ou un élargissement du public, rapprochez-vous d’un centre de formalités des entreprises pour demander conseil.

3. Faire appel à un professionnel du droit : Un avocat ou un juriste spécialisé en droit des associations et en droit fiscal saura vous guider et vous aider à éviter les pièges. Il pourra vous conseiller sur la structure juridique adaptée et vous assister dans l’obtention du Kbis.

4. Échanger avec d’autres associations : Les réseaux associatifs ou les fédérations sont de bons endroits pour partager des expériences. Vous pourrez y obtenir des témoignages pratiques, découvrir des bonnes pratiques et éventuellement vous inspirer des solutions déjà mises en place par des structures semblables.

Faut-il impérativement transformer l’association en entreprise ?

Certains dirigeants redoutent que l’obtention d’un Kbis s’accompagne d’une transformation radicale de la structure, la faisant passer d’association à entreprise commerciale classique. En réalité, il n’est pas toujours obligatoire de changer complètement de statut. L’association peut conserver sa finalité sociale ou culturelle tout en étant immatriculée pour exercer des actions économiques spécifiques et rémunérer des salariés. Le tout est de respecter scrupuleusement les réglementations fiscales, sociales et comptables. Tant que vous agissez en toute transparence et que vos revenus commerciaux ne mettent pas en péril votre caractère désintéressé, il demeure possible de concilier objectifs associatifs et activités rémunératrices.

Parfois, la transformation en entreprise ou en coopérative s’avère plus judicieuse si le volume d’affaires devient très important, ou si vous souhaitez accueillir des investisseurs ou des actionnaires. Un tel changement peut faciliter la gestion, l’apport en capital et simplifier la structure managériale. Toutefois, pour un nombre considérable d’associations, une simple immatriculation reste suffisante pour embaucher et gérer une activité économique ponctuelle ou secondaire.

L’impact du Kbis sur le recrutement et l’image de marque

Disposer d’un Kbis confère une image plus professionnelle à l’association. Les candidats se sentiront plus en confiance s’ils voient que l’organisation agit de manière conforme aux lois et aux normes du travail. Cet aspect peut être crucial pour attirer des talents de qualité, notamment si vous recherchez des compétences rares ou des profils expérimentés. Les salariés potentiels connaissent la nécessité des déclarations à l’URSAAF, les droits à la protection sociale ou encore le respect des minima conventionnels. Un cadre légal solide tend à rassurer chacun, créant un climat favorable à la motivation et à la fidélisation du personnel.

À l’inverse, manquer de clarté administrative peut faire douter un candidat de la solidité de votre projet. Les collaborateurs potentiels redoutent un manque de régularité dans le versement des salaires ou un risque d’illégalité dans le statut employeur. Si vous leur présentez un Kbis en bonne et due forme (quand celui-ci est requis), vous montrez que vous avez anticipé les obligations légales. Ce signe de professionnalisme peut faire pencher la balance dans leur décision.

Le Kbis : un document parfois demandé mais pas toujours obligatoire

Nous arrivons maintenant à l’essentiel : le Kbis est avant tout un document associé aux structures immatriculées. Si votre association n’exerce aucune activité commerciale, vous n’aurez probablement jamais à y recourir pour embaucher du personnel. Cependant, si votre association se trouve dans une zone grise (activité hétérogène faite de subventions, de cotisations et de prestations payantes), il est possible que certaines situations précises imposent de justifier votre immatriculation. Mon conseil reste de vous tenir informé et de bien évaluer vos choix stratégiques. Devenir employeur, même dans le cadre associatif, implique des responsabilités légales, financières et sociales. Il est parfaitement possible de mener à bien son projet associatif dans le respect de ces règles et de la législation en vigueur.

Si vous souhaitez approfondir le sujet, vous pouvez consulter un guide pratique ou vous rapprocher d’un juriste spécialisé. Vous pouvez également jeter un œil à des ressources en ligne comme En savoir plus sur l'obtention du Kbis pour les associations (lien fictif). En restant bien préparé, vous gagnerez un temps précieux et vous vous épargnerez beaucoup de stress au moment de recruter la perle rare.

En bref

L’embauche de personnel dans une association nécessite le respect de règles légales et administratives, dont la question du Kbis dans certains cas précis. On retiendra que :

  • Le Kbis représente la preuve officielle de l’existence d’une entité immatriculée au RCS.
  • Une association n’a pas l’obligation de s’immatriculer si elle ne pratique aucune activité commerciale.
  • En revanche, dès lors que l’association exerce des activités lucratives régulières, une immatriculation peut être exigée.
  • Le Kbis est souvent nécessaire pour rassurer les banques, les organismes sociaux et les partenaires lorsque vous embauchez.
  • Il est prudent de vérifier régulièrement si votre activité n’exige pas que vous passiez par cette étape, afin d’éviter tout blocage.

Si vous naviguez entre le statut associatif et l’activité lucrative, un accompagnement par un professionnel (expert-comptable, avocat) peut vous aider à éviter les embûches. Une gestion rigoureuse, combinée à une bonne information sur le Kbis, vous permettra de vous concentrer sur l’essentiel : développer votre association, recruter les bonnes personnes et continuer à œuvrer pour votre mission première, qu’elle soit sociale, artistique, sportive ou culturelle.

J’espère que cet article vous aura apporté la clarté nécessaire. N’hésitez pas à poser vos questions en commentaires ou à partager votre expérience sur ce sujet. À très bientôt pour d’autres conseils et bonnes pratiques sur IMIO Actu RH !

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